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Père Matungulu sj.

P. Marcel MATUNGULU Otene, sj, un homme donné aux autres, un homme donné pour l'Afrique

"Je n’ai pas peur de la mort. Toute ma vie, je l’ai offerte pour gagner l’Afrique au Christ et pour que ma mère Afrique connaisse des lendemains meilleurs. Maintenant encore, même à l’article de la mort, j’offre ma vie pour cette cause !" (P. Matungulu)

Le Père Marcel Matungulu Otene, est décédé à Rome, le 10 décembre 1999. Sa mort a bouleversé ceux qui l’ont connu. Elle venait, non seulement d’arracher à leur affection un être cher, mais aussi de causer une perte considérable à la Compagnie de Jésus (Jésuites) et à l’église du Congo.

Né le 30 août 1946 à Kinshasa (Capitale de la République Démocratique du Congo), le Père Marcel Matungulu est entré dans la Compagnie de Jésus le 7 septembre 1963. Après son ordination, à Kinshasa, le 31 juillet 1977, il retourne à Rome (où il a séjourné auparavant pour le premier cycle de théologie) et obtient une licence en théologie spirituelle à l'Université Pontificale Grégorienne. Entre 1982 et 1985, il est Supérieur de la communauté des Etudiants Jésuites à Lubumbashi. Il est en même temps Professeur et Animateur spirituel auprès des étudiants du Grand Séminaire de la ville et ceux de l'UNILU (Université de Lubumbashi). A la fin de son séjour à Lubumbashi, il est nommé Recteur du Collège Bonsomi à N'djili (Kinshasa) où il reste une année. Puis, il va assumer, tour à tour, la charge de Supérieur Régional des Jésuites dans la région Kikwit-Popokabaka (Province de Bandundu dans la RDC) (1986-1989), de Provincial des Jésuites de la Province d'Afrique Centrale (République Démocratique du Congo, Rwanda et Burundi) et de Conseiller du Père Général pour l'Afrique (1995-jusqu'à sa mort en 1999).

Plus que ces hautes fonctions qu’il a assumées, ce sont surtout son grand souci et son combat pour voir l’Afrique sortir de son marasme et connaître des lendemains meilleurs qui rendent cet homme important pour le Congo et pour l’Afrique. En effet, Le sort et l’avenir de cette l’Afrique-là lui tenaient personnellement à cœur. Ils étaient au cœur même de sa vie d’homme, de religieux, de prêtre et de responsable. En témoigne cette parole qu’il m’a confiée peu avant sa mort et que je garde comme un testament : « Lentiampa, tu sais, je n’ai pas peur de la mort. Toute ma vie, je l’ai offerte pour gagner l’Afrique au Christ et pour que ma mère Afrique connaisse des lendemains meilleurs. Maintenant encore, même à l’article de la mort, j’offre ma vie pour cette cause ! »

La profondeur de ces paroles révèle ce qu’a été ce fils d’Afrique qui n’avait pas peur, dans les réunions internationales où ses fonctions l’ont conduit, de parler en faveur de l’Afrique, au point de déranger ceux qui ne comprenaient pas l’espérance qui l’habitait en une Afrique aux lendemains qui chantent. Et Dieu sait combien il souffrait de voir des politiciens et autres fils d'Afrique vendre leur pays à des fins personnelles.

Ce religieux convaincu, d’une droiture sans compromis, aimait son pays en actes. Un de ces derniers combats ne visait-il pas de donner une chance aux jeunes de son pays, en fondant pour eux l'Institut supérieur agro-vétérinaire (ISAV) de Kimwenza à Kinshasa !

Cet homme était réellement un Africain bien dans sa peau, comme en témoignent ses écrits où il cherchait toujours à mettre en exergue les valeurs dont recèle l'Afrique. Sa vie, sa foi et son engagement sincère pour l'avènement d'une Afrique radieuse nous interpellent tous.

LENTIAMPA Shenge, sj.